...à l'école de 3 à 6 ans

La petite section:

La rentrée:

Son entrée en maternelle n’a pas été difficile.

Le langage:

Ce qui a été plus difficile était la communication avec les autres.
J’ai à plusieurs moments interpelé la maîtresse à ce sujet qui ne voyait aucunement le besoin de consulter une orthophoniste, alors qu’elle ne le comprenait pas du tout.

Manipulations, jeux, dessins:

La maîtresse nous adressait uniquement la parole pour nous dire tout ce qu’il ne faisait pas : « il ne dessine pas, il ne construit rien, il ne fixe pas son attention » puis l’année avançant : «  il tape ! ».

Activités extra-scolaires:

  • éveil musical: 1 fois/semaine

La moyenne section:

Dessin sur un thème donné (les enfants salissent la planète) :

Dessin

Ce fut l’année scolaire suivant la découverte de son handicap (voir la rubrique notre-histoire) et des multiples adaptations que nous découvrions au jour le jour.
Cette année a été très difficile parce que nous connaissions son handicap mais plusieurs intervenants médicaux et personnes nous avaient fortement déconseillés de le dire, et je le regrette.
L’année avançant la maîtresse trouvait que « souvent il n’a pas envie, il n’est pas décidé, il ne fait pas de jeux de construction, de dessins non plus, il détruit les constructions des autres…. ». Au trois quart de l’année j’ai donc décidé (en désaccord avec mon mari) de le dire à la maîtresse qui a tout de suite très bien compris et qui nous a orienté jusqu’au Plan Personnalisé Scolaire (PPS) en pensant à l’année suivante, afin entre autre qu’il ait une auxiliaire de vie scolaire (AVS) pour l’aider.

Le langage:

Cette année là nous avons surtout axé tous nos efforts sur le langage en suivant pas à pas les conseils de l’orthophoniste formidable afin de le faire progresser parce que nous seuls comprenions ce qu’il disait.
Ces phrases étaient mal construites et les mots mal articulés de par ce fait il se faisait trop souvent traiter de bébés par les autres enfants. Sa relation avec eux a été très difficile puisqu’il ne pouvait pas communiquer, dès cet âge il s’est donc tourné essentiellement vers les adultes.

Pour faciliter la compréhension avec la maîtresse, après chaque vacance nous faisions un cahier illustré de photos qui racontaient ses vacances, ainsi quand c'était son tours de raconter la maîtresse avait un support pour l'aider.

Le graphisme et les manipulations:

Nous n’avons pas insisté sur l’apprentissage du graphisme et des manipulations cette année là à l’école.
Les rééducations :

  • 2 séances d’orthophonie par semaine
  • 2 séances de psychomotricité par semaine

Un cahier de liaison mis en route entre les rééducateurs et l’école pour que chacun se cale sur la même optique et c’était très pratique.

 Les activités extra-scolaires:

  • karaté 1fois/semaine
  • éveil musical: 1 fois/semaine

La grande section:

Ce fut l’année la plus difficile pour nous, ce handicap n’était connu pour personne, personne ne comprenait rien à rien et nous, nous avions déjà beaucoup de mal à mettre en place toutes ces adaptations, nous tâtonnions en trouvant au coup par coup des adaptations en lisant divers articles, en écoutant les intervenants ou tout simplement en suivant notre instinct.
Je me suis battue quotidiennement contre les réflexions de certains parents d’élèves qui vous posent des questions plus déroutantes les unes que les autres et contre leurs enfants traitant notre fils « de bébé et de baveux » (de par la composante bucco-faciale de son handicap, il a eu jusqu’à 8 ans beaucoup de mal à avaler sa salive, ce qui a toujours dégouté les autres enfants, mais notre fils grandissant répondait que : « ce n’est pas sale, c’est de l’eau ». Mais cela a été pour lui je pense une des plus difficiles facettes du handicap à gérer chaque jour, parce qu’en plus ça trouait ses feuilles en primaire en essayant d’essuyer!)

Cette année-là, je me suis battue quotidiennement pour lui, pour faire accepter les adaptations scolaires à faire, tout s’est décanté grâce à la journée sur les « dys » à Paris quand j’ai proposé à l’institutrice (qui était aussi la directrice) de venir avec nous et qui a gentiment accepté. Cela a beaucoup servi à tous et fait d’un coup avancer les choses, quel soulagement pour lui !

Le graphisme:

Heureusement, la maîtresse n’en donnait pas beaucoup.
Il a fallu expliquer plusieurs fois qu’il ne peut pas écrire, pas dessiner, qu’il faut lui donner uniquement de gros feutres pour que ce soit plus facile (ils ne peuvent se concentrer sur la forme et appuyer pour avoir un résultat, la double tâche est impossible pour eux). De par leur manque de tonus musculaire, ces enfants ont en plus du mal à reboucher un feutre.
L’utilisation des codes couleurs à mettre en place pour le graphisme est importante pour les enfants dyspraxiques visuo-spatiaux.
Il faut tout d’abord dans les premiers apprentissages délimiter la feuille avec un cadre de couleur (voir pour l'imprimer dans la rubrique "fiches d'aide" en cliquant sur le lien suivant: Fiches d'aide « GRAPHISME cadre pour dessiner »).

Il faut aussi fournir à l’école (et à l’époque nous ne le savions pas) des feuilles pour le graphisme avec des lignes de couleur dont le nombre varie en fonction de l’écriture souhaitée :

  • la bleue est celle du ciel
  • la verte celle de l’herbe
  • la marron celle de la terre
  • la jaune celle du feu

Exemple de lignes pour écriture scripte:

                                                                                  

On peut ajouter un fond par exemple gris au niveau des lignes pour que l’enfant les visualise mieux, vous trouverez plusieurs modèles de lignes, dont le nombre et l’espacement varient en fonction de la police demandée à l’enfant (dans la rubrique"fiches d'aide" en cliquant sur ce lien : Fiches d'aide GRAPHISME lignes écriture vous trouverez plusieurs exemples à imprimer).

Cette année-là le graphisme était toujours très, très difficile.
Il a fallu aussi expliquer à l’école:

  • l’importance de la verbalisation du geste 
  • les repères vert/rouge à mettre: « on démarre au feu vert, on s’arrête au feu rouge »,
  • l'emploi de peu de mot pour décrire le geste mais toujours les mêmes.
  • les mots étiquettes à déplacer (lorsque l'enfant doit reconnaître un mot parmi une pleine page de mots, il faut que le mot à reconnaître soit sur étiquette afin qu'il puisse le déplacer pour parcourir la feuille)

Nous n’avons pas essayé la méthode Jeannot à cette époque et peut être que cela aurait mieux marché (cf rubrique nos coups de cœur).

Exemple de son écriture en fin de grande section, juste 2 lignes pour matérialiser l'espace et des pointillés à suivre à gauche:

                             vous remarquerez l'utilisation pour un même mot des écritures cursive et bâton mélangées.

                 

Les dessins:

Exemple de la décoration d'un sapin pour Noël où la consigne était de décorer avec des ronds:

                                                                                                                        

Il a fallu expliquer plusieurs fois qu’il fallait le faire dessiner sur un plan vertical, sur des feuilles de grands formats et que pour la peinture, le risque de renverser l’eau à maintes reprises était fréquent.

Les autres activités faisant appel à la motricité fine:

Il a fallu expliquer qu’il ne pouvait ni découper, ni coller.

Les autres activités faisant appel à la motricité globale:

Les activités de motricité globale restaient difficiles : sauter sur un pied, attraper un ballon, danser…

Repérage dans l’espace:

J’ai expliqué qu’il ne remettait jamais son manteau à sa place parce que tout simplement il se perdait dans le nombre de portes manteaux, il faut leur donner le premier ou le dernier. Je l’ai signalé les années suivantes.
Curieusement le repérage dans l’école a toujours été facile pour lui.

Repérage dans le temps:

Notre chemin a croisé cette année là une « atsem » qui a tout de suite vu ses problèmes de repérage dans le temps et lui a fabriqué elle même un emploi du temps mural en bois qui l’a beaucoup aidé au cours de sa journée pour savoir où il en était, parce que ne pas savoir était un stress insurmontable pour lui.

L’auxiliaire de vie scolaire:

Nous avons attendu une auxiliaire de vie scolaire pendant 5 mois en étant conscients de la chance du peu d’attente que nous avions. Mais ce qui est hallucinant c’est que personne n’était capable de nous dire combien de temps notre enfant allait en attendre une.
Et encore, nous n’avions à ce stade pas encore compris qu’elle n’était pas formée! On pense au début naïvement que les auxiliaires de vie scolaire sont formées au handicap de notre enfant, pas du tout elles n’y connaissent rien !
Il a donc eu son auxiliaire en Janvier qui ne connaissait pas la dyspraxie, comme tous.

Vie courante:

Il fallait aussi expliquer qu’il ne savait pas se laver les mains seul, ni s’essuyer seul aux toilettes, ni d’ailleurs défaire et remettre son pantalon (d’où l’intérêt de trouver des pantalons avec la taille totalement élastiquée)

Apprentissage de l’ordinateur:

C’est cette année là que l’ordinateur a été introduit (suite à la journée des « dys » à Paris), à contre cœur pour moi car je trouvais que cela le rendrait encore plus différent, mais mon mari lui pensait à l’avenir en disant « qu’à notre époque plus personne n’utilise le stylo pour travailler ». Trois ans après, je ne vois que des avantages à cette utilisation pour pallier ce handicap, et c’est la seule solution possible pour moi.
L’institutrice (qui était aussi la directrice de la maternelle) était tout à fait favorable aussi à l’utilisation de l’ordinateur, ce qui m’a beaucoup aidée à prendre cette décision.
Il a alors appris le clavier caché et ce grâce à une super ergothérapeute qui se déplaçait (et se déplace toujours d’ailleurs) au sein de l’école.
L’apprentissage du clavier s’est fait à partir de Mai et consistait pour lui (il existe plusieurs méthodes) à recouvrir le clavier de gommettes :

  • rouges pour les lettres qui doivent être frappées par la main droite
  • vertes pour les lettres qui doivent être frappées par la main gauche

(l’utilisation des 2 mains en CE2 est toujours difficile et non automatisée pour lui)
C’est le geste de la frappe que l’on cherche à mémoriser : « un doigt posé à une place correspondant à la frappe d’une lettre » nous avions un cahier de liaison entre l’ergo et moi pour me dire qu’elle était la lettre apprise.
Au début, l’apprentissage s’est fait lettre par lettre puis, comme il a une super mémoire, par plusieurs lettres dans la même séance. Il a commencé avec un ordinateur portable PC et une souris intégrée, l’utilisation de celle-ci n’a pas été compliquée par rapport à ce que je pensais. Mais il était trop tard pour rentrer en CP avec le clavier « acquis » l’échéance était trop courte.

                                                                                                              Extrait du cahier de liaison entre les différents intervenants, l'école et nous:

Cahier liaison 

Grâce à ce cahier de liaison, nous savions exactement les lettres apprises à chaque séance, mais comme il se débrouillait bien l'ergothérapeute nous avait demandé de ne rien revoir à la maison.

Classe de nature:

Nous avons accepté qu’il parte en classe de nature 10 jours et ce pour ne pas le rendre encore plus différent! et ça a été très dur pour nous parents, mais une superbe expérience pour lui qui bien sûr voulait absolument y aller et qui a été enchanté.

Passage ou redoublement:

Le maintien en grande section s’est posé car il n’écrivait pas du tout ni ne dessinait mais après réflexion, tout le monde (enseignante, intervenants, parents) était d’accord : « qu’est-ce qu’un redoublement allait lui apporter, avec par ailleurs une maturité sur la vie souvent supérieure aux autres ? ».
Le maintenir en maternelle pour qu’il n’écrive toujours pas après son redoublement ??

Les rééducations:

  • orthophonie: 2 fois/semaine
  • psychomotricité: 2 fois/semaine

Les activités extra-scolaires:

  • karaté: 1fois/semaine
  • éveil musical: 1 fois/semaine
  • natation: 1 fois/semaine

Préparation au passage en CP :

La maîtresse, de concert avec l’école élémentaire, a eu une excellente initiative en « invitant » lors de la dernière réunion de l’équipe éducative de grande section la future maîtresse de CP (choisie en fonction du handicap de notre fils et qui était prête à l’accueillir avec les adaptations à faire). Et cette excellente initiative sera reprise tous les ans.
Nous lui avons donné tous les documents que nous avions sur la dyspraxie pour « ses lectures estivales » !